4. mai 2026
PER 2026 : trois changements à connaître pour préparer votre retraite
Le Plan d’Épargne Retraite, souvent appelé par son sigle PER, reste un outil important pour préparer sa retraite.
Mais depuis le 1er janvier 2026, plusieurs règles ont changé.
Ces évolutions ne remettent pas en cause l’intérêt du PER.
Elles modifient surtout les paramètres à prendre en compte selon votre âge, votre situation fiscale et vos objectifs patrimoniaux.
Trois points méritent une attention particulière :
- la fin de la déductibilité des versements après 70 ans ;
- l’allongement du report des plafonds non utilisés ;
- la hausse des prélèvements sociaux applicables aux sommes récupérées.
Le PER, à quoi sert-il vraiment ?
Le PER permet de se constituer une épargne en vue de la retraite.
Son fonctionnement repose souvent sur une logique simple : vous pouvez, sous conditions, déduire vos versements de votre revenu imposable pendant votre vie active.
En contrepartie, les sommes récupérées à la retraite sont fiscalisées selon les règles applicables au moment de la sortie.
C’est donc un outil à manier avec méthode.
Il peut être pertinent pour réduire une pression fiscale actuelle, organiser un effort d’épargne régulier, préparer un revenu futur ou structurer une stratégie retraite.
Mais il ne doit pas être utilisé uniquement parce qu’il permet une déduction fiscale.
La bonne question reste toujours la même :
la fiscalité du PER correspond-elle à votre situation actuelle et à votre fiscalité future ?
1. Fin de la déductibilité des versements après 70 ans
Premier changement important : depuis le 1er janvier 2026, les versements réalisés sur un PER à partir de 70 ans ne sont plus déductibles du revenu imposable.
Jusqu’au 31 décembre 2025, il n’existait pas de limite d’âge pour bénéficier de cette déduction, dans la limite des plafonds disponibles.
Cette évolution vise à recentrer le PER sur sa vocation première : la préparation de la retraite.
Le législateur a voulu limiter certains usages du PER après 70 ans, notamment lorsque l’objectif principal n’était plus la retraite, mais une optimisation fiscale ou successorale.
Concrètement, si vous approchez de 70 ans, le sujet doit être anticipé.
Il ne s’agit pas forcément de verser plus ou plus vite.
Il s’agit surtout de vérifier si votre stratégie actuelle reste cohérente avec vos revenus, votre fiscalité, votre horizon de retraite et vos objectifs de transmission.
2. Le report des plafonds passe de 3 à 5 ans
Deuxième changement : les plafonds de déductibilité non utilisés peuvent désormais être reportés sur cinq ans, contre trois auparavant.
C’est une évolution favorable pour les personnes de moins de 70 ans.
Elle permet d’élargir la fenêtre d’utilisation des plafonds disponibles.
En pratique, cela peut concerner les contribuables qui n’ont pas utilisé tout leur plafond PER les années précédentes.
Cette marge peut devenir utile dans plusieurs situations :
- hausse ponctuelle des revenus ;
- perception d’une prime ;
- changement de statut professionnel ;
- fin de carrière avec revenus encore élevés ;
- volonté de lisser une stratégie d’épargne retraite.
Attention toutefois : tous les reliquats ne basculent pas mécaniquement dans le nouveau régime.
Les plafonds issus des années 2024 et 2025 restent soumis à l’ancienne règle de report sur trois ans.
Il faut donc regarder précisément les plafonds disponibles avant de décider d’un versement.
3. Les prélèvements sociaux passent de 17,2 % à 18,6 %
Troisième évolution, parfois moins visible : les prélèvements sociaux applicables aux sommes récupérées sur un PER augmentent.
Le taux global passe de 17,2 % à 18,6 %.
Cette hausse s’explique par l’augmentation de la CSG sur les revenus du patrimoine et de placement.
Elle concerne les sommes récupérées depuis le 1er janvier 2026, que la sortie soit réalisée en capital ou en rente.
Ce point est important, car il peut modifier les calculs de sortie.
Le PER ne s’analyse pas seulement au moment du versement.
Il doit aussi être étudié au moment où l’épargne sera récupérée.
La fiscalité à l’entrée, la fiscalité à la sortie, l’âge, le niveau de revenus et le mode de sortie choisi doivent être regardés ensemble.
Ce que ces changements ne signifient pas
Ces évolutions ne signifient pas que le PER perd son intérêt.
Elles signifient qu’il devient encore plus nécessaire de l’utiliser avec discernement.
Le PER peut rester pertinent pour une personne fortement fiscalisée qui prépare sa retraite.
Il peut aussi avoir du sens pour un indépendant, un dirigeant ou un salarié qui souhaite organiser progressivement une épargne dédiée à long terme.
Mais il peut être moins adapté si l’horizon est trop court, si le besoin de liquidité est important ou si la fiscalité future risque d’être proche de la fiscalité actuelle.
La déduction fiscale ne doit pas être le seul moteur de décision.
Un versement sur PER doit répondre à une stratégie.
Les questions à se poser en 2026
Avant de verser sur un PER, plusieurs questions méritent d’être posées.
Quel est votre âge ?
Quel est votre taux d’imposition actuel ?
Quelle fiscalité anticipez-vous à la retraite ?
Avez-vous besoin de conserver une partie de votre épargne disponible ?
Disposez-vous de plafonds non utilisés ?
Votre objectif principal est-il la retraite, la transmission, la baisse d’impôt ou la protection du foyer ?
Ces questions changent totalement la lecture du PER.
Le même produit peut être pertinent dans une situation et beaucoup moins dans une autre.
PER, assurance-vie, immobilier : ne pas raisonner en silo
Le PER ne doit pas être analysé seul.
Il doit être comparé aux autres enveloppes et projets patrimoniaux : assurance-vie, épargne disponible, immobilier, prévoyance, retraite obligatoire, revenus professionnels.
Chaque outil a son rôle.
Le PER est un outil retraite.
L’assurance-vie peut répondre à des objectifs plus larges : épargne, disponibilité, transmission, allocation financière.
L’immobilier peut contribuer à préparer des revenus futurs, mais avec des contraintes de gestion, de fiscalité et de liquidité.
La bonne stratégie ne consiste pas à choisir un produit isolé.
Elle consiste à organiser les bons outils autour d’un objectif clair.
Faire le point sur votre PER
Le PER reste un outil utile.
Mais les règles applicables depuis le 1er janvier 2026 imposent de vérifier certains points :
- les versements après 70 ans ;
- les plafonds disponibles ;
- la fiscalité à l’entrée ;
- la fiscalité à la sortie ;
- le niveau de prélèvements sociaux ;
- la cohérence avec les autres solutions patrimoniales.
Si vous avez déjà un PER, il peut être utile de vérifier que son fonctionnement correspond encore à vos objectifs.
Si vous envisagez d’en ouvrir un ou d’y verser davantage, il est préférable d’analyser votre situation avant d’agir.
➡️ Vous souhaitez faire le point sur votre PER ? Demandez votre pré-diagnostic sans engagement.
La fiscalité dépend de la situation personnelle de chacun. Ces informations sont d’ordre général et ne constituent pas un conseil personnalisé.
